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Histoire de parfums, c’est l’histoire d’un homme, Gérald Ghislain, qui a suivi ses envies et son goût incommensurable pour les odeurs, les fragrances. Rencontre avec ce personnage hors du commun à l’image de sa bibliothèque de parfums. Avant d’être maître parfumeur et à l’origine de sa collection « Histoire de parfums », Gérald Ghislain était cuisinier et jonglait entre les recettes et les menus à préparer pour ses restaurants parisiens. Puis un jour, le déclic se produit. « C’était il y a dix ans, je visitais le musée Fragonard et j’ai été subjugué par le milieu du parfum. J’ai découvert ce jour-là un autre monde que je ne connaissais pas et qui m’a tout de suite plu. », explique Gérald Ghislain. La suite ? Des centaines de livres dévorés et une formation à l’ISPIPCA de Versailles (Institut Supérieur International du Parfum de la Cosmétique et de l’Aromatique Alimentaire) au sortir de laquelle Gérald Ghislain crée sa propre marque de parfum, Histoire de Parfums » en 1999. Puis tout va très vite. Avec ses collaborateurs, il compose sa bibliothèque et réalise des tomes dont les récits olfactifs oscillent entre romanesque et séduction.
Famous-cosmetics.com : Comment passe-t-on de la cuisine aux parfums ? Gérald Ghislain : Par envie ! J’ai découvert le monde des parfums il y a dix ans en visitant le musée Fragonard et depuis je ne m’en lasse pas. J’aime ce côté où l’imagination et la créativité vont de paire. Aucun regret d’avoir quitté votre cuisine ? Aucun ! Dans la restauration, il faut revoir sa copie tous les jours sans oublier le facteur humain et la contrainte commerciale qui est énorme. Et puis, j’avais un peu fait le tour de la cuisine ! Aujourd’hui, je continue d’élaborer les cartes pour mes deux restaurants (les Piétons et le Curieux Spaghetti Bar), mais c’est tout. Je ne suis plus en cuisine, je préfère me consacrer à mes créations olfactives. Le côté « création » est-il identique en cuisine et en parfumerie? Pas tout à fait. Les parfums, c’est comme la peinture ou l’écriture, on peut les laisser de côté pour que l’idée mûrisse et reprendre plus tard. En cuisine, il faut faire la recette pour avoir un résultat. Il faut aller au bout ! Quelles sont les différences entre vos deux métiers? En cuisine, il y a toute une mise en scène. Il faut satisfaire l’œil puis les papilles. Et puis, un plat ne s’approprie pas. Le client attend tel goût, tel arôme, il ne faut pas le décevoir. Le goût doit lui rappeler quelque chose qu’il connaît. Les clients doivent se sentir sécuriser par un arôme. C’est très difficile d’inventer un goût. Alors qu’avec un parfum tout est permis ! Seul l’odorat entre en jeu. On crée une fragrance pour que la personne qui la porte se l’approprie, à sa manière. Dans ce cas, les individus recherchent de la rareté, de la différence. Quels sont les points communs ? Les points communs ? Les goûts, les odeurs. En cuisine, les arômes sont importants et on utilise souvent les parfums, les essences ou les arômes alimentaires. D’ailleurs, le « parfum » m’a fait évolué en cuisine, il m’a permis de penser à des créations originales, différentes, auxquelles je n’aurais peut-être pas songé avant. Par exemple, pour mes restaurants, je suis en train de mettre au point des goûts originaux pour mes vodkas aromatisées et bien, je les confectionne comme je travaillerais un concentré de parfum.
Comment vous est venue l’idée de créer un parfum avec la date de naissance de Colette ou Casanova ? Pour le parfum « 1873 » qui porte la date de naissance de Colette, c’est en relisant son roman « Chérie ». J’avais l’inspiration de composer un parfum frais. Le livre et mon imagination ont fait le reste. Pour « 1725 », Casanova, qui est un effluve romantique et sensuel, le nom et le parfum se sont imposés en même temps.
Pourquoi présenter vos parfums comme des livres ? Avec les parfums, je raconte des histoires. Un parfum, c’est le pouvoir d’imaginer des images, des personnages, donc ça tombait sous le sens de faire un parfum = Un livre. Et ainsi composer une bibliothèque… de parfums. Parlez-nous des autres collections, « Soliloques » et « Livres Cultes » La collection « Soliloques » c’est une histoire autour d’une couleur dans une fleur, une sorte d’interprétation du langage des fleurs. « Livres Cultes » contient deux parfums « 1969 », une fragrance érotique en clin d’œil à l’année de la libération sexuelle et « Ambre 114 » qui revient sur le côté mythique de l’ambre et dont la composition en fait un parfum suave, emprunt d’exotisme. Histoires de Parfums, les collections : 
Personnages Principaux : Pour femme :1804 George Sand (fleuri ambré), 1826 Eugénie de Montijo (ambre sensuel), 1873 Colette (hespéridé gourmand), 1876 Mata Hari (rose épicé) Pour hommes : 1740 Le Marquis de Sade (bois épicé), 1725 Casanova (fougère ambrée), 1828 Jules Verne (aromatique hespéridé) Soliloques : Pour femme : Blanc Violette (floral poudré), Vert Pivoine (floral frais) Unisexe : Noir Patchouli (Chypré boisé), Livre cultes : Unisexe : 1969 (oriental gourmand), Ambre 114 (oriental épicé) Vendu au Printemps, Eau de parfum, 120 ml, 130€
Où puisez-vous votre inspiration ? Dans mon imaginaire. J’ai des senteurs plein la tête, j’imagine des associations, des recettes… Est-ce facile de créer un parfum ? Ça dépend ! Le temps de création est très variable, entre six mois et un an. Par exemple, 1969 a été conçu en peu de temps. Mais parfois ce n’est pas évident de retranscrire les senteurs que j’ai en tête. Actuellement, je travaille sur un parfum et j’ai du mal à le concrétiser. C’est un parfum qui mettra du temps à éclore. Suivez-vous l’air du temps, les fragrances à la mode ? Pas du tout. Je suis très loin de tout ça. Je confectionne ce qui me plait, selon mes inspirations, mes envies. Je ne calque aucune création sur la tendance. Par exemple, il y a actuellement un engouement pour « Blanc Violette » parce que les parfums poudrés sont à la mode. Mais « Blanc Violette » a été crée il y a quelque temps déjà, bien avant cette mode. Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier de créateur de parfum? De pouvoir sans cesse créer autre chose, de nouvelles senteurs… à l’infini. Et puis concevoir un parfum, c’est valorisant. Il va vivre sur les autres une vie multiple et infinie. Allez-vous ajouter d’autres tomes aux séries existantes ? De nouveaux personnages, de nouveaux livres cultes ? Non. J’ai déjà fait trois séries, « Personnages Principaux », « Soliloques » et « Livres cultes » qui me semblent bien remplies. Je pense qu’il ne faut pas étendre ces séries à l’infinie. Par contre, pour mes futures créations, je reste dans le concept « séries ». Je n’ai pas envie de raconter une histoire solitaire. Peut-on avoir des indices sur ces projets olfactifs ? Cette nouvelle série sera sur le thème de la « Tubéreuse ». Je suis en train de travailler sur ce projet avec mon équipe. Il y aura trois volets : un parfum féminin, un masculin et un parfum de peau. Ils sortiront en même temps, je pense pour la fin de l’année. Vous avez opté pour une distribution hors des sentiers battus. Pourquoi ? Je n’avais pas envie de vendre mes parfums dans les points de vente traditionnels, je préfère les circuits différents, les espaces de vente un peu prestigieux où il y a peu de parfum ou les réseaux de distribution novateurs comme les concepts stores ou les magasins de vêtements multimarques. On trouve nos parfums en Italie, à Milan dans le « 10 Corso Como », c’est le « Colette italien » mais avec un côté plus bohême. En Allemagne, nous sommes vendus dans le célèbre magasin « Quartier 206 » et à Barcelone, en Espagne, nous sommes distribués dans un magasin de vêtements multimarques. En France nos parfums sont vendus au Printemps. Nous sommes également présents en Russie, au Canada, aux Etats-Unis, en Asie… Parler nous des filtres que vous avez installé dans les points de ventes L’orgue à filtre est une mise en scène qui va permettre à la cliente de découvrir l’univers de chaque parfum sans saturation et sans pollution olfactive. Un filtre imbibé de parfum est enfermé dans un cône de verre retourné, l’extrémité se termine par une sorte de paille, qui permet aux clientes d’humer les fragrances. C’est une façon ludique et simple de sentir nos parfums.
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